Madagascar: When fear turned into freedom


Je m’appelle Anonymous, j’ai 26 ans et je suis la fille unique de mes parents. Infirmière, leader d’une association concernant la protection des droits des enfants, enquêtrice sociale au sein d’un ministère dans la capitale du pays. Depuis mes 15 ans, je me suis rendu compte que je suis attirée par les filles, je veux dire sexuellement parlant, j’ai eu du mal à l’accepter vu que c’est difficile de l’assumer dans mon pays. Il m’a fallu 6 ans pour réussir à faire confiance à une amie, je lui ai tout dit, c’était plus fort que moi, je voulais de l’aide, je voulais qu’on essaie de me comprendre afin que je puisse avancer avec certitude et surtout c’était très important pour moi le fait de ne pas être seule car ma vie est devenue très difficile et compliquée, Haingo était à mon écoute. Exactement à 21 ans, on m’a demandé en mariage, c’était le fils d’un bon ami à mes parents. Beau, intellect et gentil, il avait tout pour être une personne idéale, je l’admire beaucoup mais je ne l’aime pas. Mes parents ont toujours respectés mes décisions, mes choix et tout mais cet évènement-là m’a énormément bouleversé, comme si j’ai été un peu trahi par moi-même. Soit disant j’ai un peu perdu le contrôle, Ricco m’a profondément touché par son amour pour moi mais j’ai rêvé cela venant d’une autre personne, je me suis blâmé en même temps, je me demandais si je suis malade d’une maladie incurable avec la peur que ça va s’aggraver avec le temps. J’ai commencé à avoir peur de mes parents, de ce qu’ils pourront avoir comme réaction surtout si un jour ils vont savoir concernant mon orientation sexuelle. Je ne pouvais plus gérer mon temps et mes émotions, c’était comme si chaque jour est devenu une nouvelle pression pour ma vie. Genre presque chaque nuit je fais des cauchemars, je vois mon père me crier, ma mère qui me renvoie de la maison, les deux en même temps en train de se suicider à cause de leur déception à mon sujet. Ma vie a basculé, j’ai redoublé quand j’étais en deuxième année à l’université, j’ai commencé à boire jusqu’à ce que j’étais hospitalisée. Ma meilleur amie était toujours là à mes coté, elle m’a tout le temps soutenu, elle m’a présenté une personne qui travaillait dans une ONG concernant les droits humains et les accompagnements psychologiques des personnes en détresse. Cela m’a beaucoup aidé. Apres environ douze séances, j’ai pu me retrouver petit à petit. Quatre mois plus tard, j’étais sur le point de tout balancer à mes parents, à ce moment-là , ils ont pris beaucoup de temps à décrire la valeur de ma meilleure amie, cette personne qui était toujours là pendant mes durs moments, pendant mes crises et surtout qu’elle a même oublié son foyer pour moi, ils ont précisé que jamais je ne trouverai une personne comme elle. C’était comme une confirmation pour moi, comme une conscientisation que si elle n’était pas là, peut être que ma vie a déjà pris sa fin depuis longtemps. J’ai pas pu faire mon coming-out à mes parents car ce sujet m’a pris toute ma pensée. J’avais énormément envie de remercier et de récompenser ma meilleure amie, j’ai réfléchit toute la nuit sur ce que je pourrais lui offrir ou truc du genre. Le lendemain, elle m’a tout simplement manqué, je l’ai appelé et elle m’a dit que surement on ne pourra pas se voir pendant deux semaines car un voyage familiale est prévu et que même si elle n’a pas vraiment planifié de partir, sa grand-mère souhaitait énormément qu’elle vienne. Juste trois jours après son départ, je me suis rendu compte que je suis tombé amoureuse d’elle, brusquement et bizarrement, ça m’a bouleversé et m’a presque rendu folle, je suis fragile et hypersensible, en plus elle n’était même pas là pour qu’on puisse en parler. Au début je croyais que c’était une dépendance affective mais avec le temps j’étais convaincu que je l’aimais vraiment. Dix jours après, pour survivre, vers 8h du matin, j’ai pris la décision de tout dire à mes parents autour d’un bon café…. Mon père m’a pris dans ces bras, ma mère a souri calmement, puis elle m’a dit que rien ne brisera notre amour. J’ai pleurée énormément, j’ai failli avaler ma langue, j’ai tremblée, j’ai plus senti mes jambes, j’étais libre, étouffée, choquée et heureuse en même temps. C’était un des plus beaux jours de ma vie, quand même j’avais de la peine pour mes parents, sont-ils obligés de l’accepter ? N’ont-ils pas le choix ? C’est ma faute… Puis ils sont venus me voir dans ma chambre pour parler sérieusement après que je sois calme. Ils m’ont dit des choses rassurantes, ils m’ont exprimés leur soutien et ils m’ont surtout expliqués des tas de choses pour m’orienter et pour me guider dans le futur.
Deux semaines après, Haingo est de retour, je lui ai dit que j’ai quelques chose de très important à aborder, elle m’a dit la même chose…. Je lui ai demandé de dire en premier et sans hésiter elle m’a avoué qu’elle allait se marier. Je ne sais pas mais je n’étais pas choquée pour la première fois vu que c’est une nouvelle qui pourrais me perturbé bien sûr. Cela ne m’a pas empêché de lui dire mon petit secret, elle ne l’a pas mal pris, elle a pu me gérer en même temps. Il nous a fallu trois jours pour se faire vraiment comprendre et on a réussi à tout maitriser. C’est ma meilleure amie et elle le restera. J’ai repris rendez-vous avec la personne pour mes séances d’accompagnement psychologique et Haingo était toujours avec moi, je voulais faire des projets pour m’aider à bien me ressourcer et elle m’a aidé à monter une association pour le bien-être des enfants dans notre quartier, enfaite c’était un projet de qu’on avait tellement rêver de faire un jour. Après une année d’existence, j’ai pu avoir beaucoup de relations, de partenariats et j’ai pu m’integrer dans une entité qui est dans le domaine du sponsoring de projets, j’ai pu mettre en relief mon association et grâce à quelques voyages caritatifs, j’ai eu l’occasion de rencontrer une personne qui partage non seulement les mêmes visions et projet d’avenir que moi mais elle est également de même orientation que moi. La vie m’a encore donné une opportunité, une nouvelle chance et une personne qui m’est destinée. Après deux ans de relation avec discrétion, j’ai fini mes études et j’ai pu accrocher un contrat de travail à l’étranger grâce à elle, grâce à Alexie.
Actuellement, je vis la vie de mes rêves avec mon boulot de rêve, j’aide des enfants en difficultés selon mes moyens, j’ai des parents qui me soutiennent, ma meilleure amie est une grande bénédiction pour moi, je suis avec une personne qui me mérite tellement. Je m’épanoui après tant d’épreuves et de pressions émotionnelles, je me suis retrouver et j’en suis si fière de ce que je suis et surtout de ce que l’univers m’a réservé. Tellement je souhaite à chacun d’avoir le meilleur des courages dans la vie car,… Oui tout est possible.
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